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A u sein de la communauté des cyberséducteurs, on se raconte ses expériences dans des comptes rendus, qu'on préfère appeler FR. Quand un apprenti séducteur raconte comment il s'y est pris pour parvenir à ses fins, cela donne en général quelque-chose comme cela :
Technique X fluff Technique Y fluff Technique Z fluff Entre chaque description de technique, le mot fluff est présent pour ponctuer le formidable récit, et ça peut durer ainsi des pages entières. fluff, c'est un synonyme de baratin, de futilité. fluffer, ça veut dire s'échanger des banalités sans intérêt. Ça sert à rien de dire ce qu'on dit, mais on le dit quand même, et on passe même l'essentiel de son temps à faire cela. Étrange. Bien que ce soit un concept très populaire dans la communauté, le principe du fluff est complètement ignoré. Maîtriser l'art de raconter des banalités, cela n'intéresse personne, car par définition une banalité est quelque chose qui n'est pas intéressant. Tout le monde préfère se concentrer sur la technique. La technique, voilà ce qui passionne, car la technique c'est du contrôle. Alors que le fluff au contraire c'est le laisser aller, le non technique. Donc on se focalise sur les techniques « Génial la technique X », « Tu as raté ta technique Y », tout en occultant les banalités. Le fluff c'est donc un peu comme le blanc qui sépare les lignes d'un texte. Pour autant, ce blanc est essentiel. En fait, c'est lui qui donne toute sa dimension au texte. Ne dit-on pas : il faut lire entre les lignes ? Sur certains sites, vous pouvez trouver des listes entières de sujets de conversation dites intéressantes, afin de dire autre chose que des banalités. Mais à mon avis, c'est une erreur. Pour s'en convaincre, il suffit de retirer tout le fluff d'un FR à la technique soit disant parfaite pour que tout d'un coup, quelque chose cloche, tout se casse la gueule. Le fluff, c'est un échange de futilités inintéressantes au possible, mais si on les retire, ça ne marche plus pareil. N'y a-t-il pas comme un paradoxe ? En réalité, le fluff, c'est la seule constante, la seule chose que l'on retrouve systématiquement dans tous les FR réussis. J'ose dire que c'est le pilier du jeu. Séduire, c'est maîtriser l'art de parler de tout et de n'importe quoi. Le reste, c'est secondaire, c'est facultatif. Les banalités, elles, sont essentielles, elles sont centrales. Explications. Les mots, les phrases que l'on dit, ont peu d'importance. Cela, le débutant a beaucoup de mal à le comprendre. Il passe tout son temps sur internet à rechercher des phrases magiques qui font craquer les filles. Mais quand il se risque à les utiliser sur le terrain, ces mêmes phrases de grand tombeur ne donnent pas vraiment le résultat espéré. Mais pourquoi donc ? En fait, lors d'une interaction orale, surtout dans un contexte de flirt, ce qu'on dit n'a pas vraiment d'importance. Ce qui compte c'est l'intention qui est derrière, ce qui est important, c'est le contexte. Prenons deux exemples fictifs comme support.
Salut Lucie Il ne fait pas beau aujourd'hui hein ? L'eau ça mouille Le feu ça brûle 1 + 1 = 2 Allons faire l'amour
Salut Lucie Il ne fait pas beau aujourd'hui hein ? Mais je vois que tu as quand même mis un beau décolté pour venir me voir. Il est magnifique, il me fait très plaisir. Ne t'inquiète pas Lucie, on prend juste un peu le temps de faire connaissance, et après on ira faire l'amour chez toi. L'eau ça mouille Le feu ça brûle 1 + 1 = 2 Eh bien eh bien, cette discussion est fort passionnante, mais l'endroit ne me plaît pas. Je vois que toi aussi tu es pressée d'aller chez toi la poursuivre. Tu habites où ? Le contexte, voilà la nuance. La première chose que tout le monde comprend, c'est que dire « Allons faire l'amour » dans le premier cas, ça tombe comme un cheveux sur la soupe. Tout le monde comprend cela, pas besoin de détailler. Mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg… Ce qu'il est plus difficile de percevoir, c'est que les banalités que l'on sort produisent elles aussi des effets opposés suivant le cas, qu'elles font partie intégrante du jeu, qu'elles lui donnent toute sa dimension. De même que « Allons faire l'amour » produit l'effet inverse de celui qu'il est censé produire dans le premier cas, dire « 1 + 1 = 2 » fait exactement la même chose dans le second. Car le contexte n'est pas le même. Retirez toutes les banalités du second exemple, et cela ne marche pus pareil. Dans le premier cas, « 1 + 1 = 2 » est une banalité qui rend la discussion encore un peu plus banale, car le contexte est banal. Dans le second, c'est une banalité qui vient perturber la sexualisation en cours, car le contexte est « Allons faire l'amour », et c'est dire « 1 + 1 = 2 » qui tombe comme un cheveux sur la soupe. A chaque banalité du genre que l'on dit, la fille se dit « Mais pourquoi il me dit ça ! C'est pas le sujet ! Je veux qu'on revienne au sujet ! ». Chaque banalité que l'on sort fait croître la tension sexuelle. Chaque banalité que l'on sort fait augmenter le désir et l'impatience d'en venir au véritable sujet de la rencontre. On fait cela pour jouer. Car il s'agit bien de cela : un jeu. La fille est venue ici sciemment en tête à tête pour jouer. Elle a mis un beau décolté pour pimenter le jeu. Elle le sait, vous le savez, il est important de le rappeler, afin de poser le contexte de la rencontre. Boire un verre, faire connaissance, c'est un prétexte. Le véritable sujet, c'est le jeu, un jeu qui s'appelle « Allons faire l'amour ». Le contexte étant posé, le jeu devient possible. Alors jouons ! Si le contexte n'est pas posé, alors personne ne réalise qu'on est là pour faire mûrir un fruit nommé désir. C'est comme pour une réunion de boulot où au bout de trois heures de blabla on se regarde tous comme des ahuris en réalisant qu'on a perdu notre temps. Personne ne sait ce qu'il est venu faire ici parce que l'ordre du jour n'a pas éte précisé. Fixer le contexte d'une telle rencontre est donc primordial. Le cyberséducteur risque de confondre le contexte avec ce qu'il appelle la frame, ou plus fort encore, la meta-frame. Mais il ne s'agit ni de l'un ni de l'autre. La frame est un concept nombriliste centré sur sa propre personne. Le contexte, c'est une vision d'ensemble qui englobe le séducteur, sa « cible », leurs frames respectives, et bien plus encore. Pour le percevoir, il faut arrêter de se considérer comme le centre du monde et comprendre que nous ne sommes qu'un rouage d'un processus qui est bon pour nous, bon pour la fille. Aucun des deux n'a d'intérêt à ralentir (en général la fille) ou à accélérer (en général le mec) le processus. Récolter un fruit trop tôt ou trop tard n'a pas la même saveur que de le laisser mûrir et de le cueillir à point. Il faut simplement se laisser porter en savourant le moment présent, et inviter la fille à croquer dans la pomme avec nous. |
Selon ton analyse, Pour entamer une réelle dynamique de seduction, il faut d'abord mettre au courant la fille de la finalité du rendez vous.
Lui dire qu'on a envie de coucher avec elle, puis parler de tout et de rien?
C'est à toi d'instaurer une tension sexuelle en lui rappelant qu'elle est une femme qui aime se faire draguer et que toi t'es un homme qui sait draguer. A partir de là, "parler de tout et de rien" va se faire avec une connotation sexuelle, avec des échanges de regards complices qui en disent long sur les sous-entendus. Tout se passe dans le silence, dans le non dit, parce que tout ce qui n'est pas dit est alors imaginé... N'oublie pas que le plus gros organe sexuel c'est le cerveau, et que regarder c'est toucher.
http://postseduction.fr/livre-dor
Article sympa qui a l'avantage de recentrer sur ce qui est réellement important. Peu importe ce qu'on dit l'important c'est l'interaction. Apporter de la valeur émotionnelle à la conversation. Montrer son désir à la femme progressivement, sans le formuler à haute voix pour maintenir la tension sexuelle. Verbalement, faire comme si on était pas atteint tout en montrant sur un niveau inconscient qu'on l'ait.
Car peu importe que l'on parle de la guerre des cafards unijambistes, des tendances de la mode, ou des relations hommes-femmes. L'important est d'être celui qui apporte le plus de valeur émotionnelle pour dominer la conversation et être l'alpha. Après apporter de la valeur émotionnelle implique un vaste lot d'actions possibles, que ce soit simplement s'intéresser à ce qu'elle dit, lui toucher le bras, la taquiner, ... Le tout de manière spontanée.
Enfin, faire une explication précise de la séduction n'est pas possible dans un commentaire, donc je m'arrêterai à la brève description que j'ai faite, qui est par essence incomplète.
Je voulais juste souligne, que j'étais d'accord avec l'auteur que ce ne sont pas les techniques en elles mêmes qui sont importantes. Car planifier faire telle technique à tel moment, est plus du moins au début se mettre des batons dans les roues.